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un quotidien... au Tchad

La conduite à N’Djamena ou la joie de réaliser qu’à chaque seconde on peut mourir.

Publié le 25 Juillet 2013 par Choulie

Des cadeaux, dans la vie, j’en ai eu beaucoup. Celui de faire mes premières roues au Tchad, vraiment, a fait de moi une femme accomplie. Je me sens telle une enfant dans son parc à éveil où tout est pensé pour titiller les sens du Chérubin. C’est exactement pareil !

Commençons par la vue. Je peux me vanter d’avoir maintenant une vision à 360 degrés. Qu’est-ce que c’est ennuyeux d’être dans une voie à sens unique et de ne s’alerter que de temps en temps dans le rétro ou quand il y a un croisement. Ici au moins on te double à droite comme à gauche, en fonction de l’envie de conducteur, on prend sur plusieurs kilomètres des contre-sens, au carrefour la priorité de « la main droite », comme on l’a bien apprise au code, est remplacée par la priorité de « la poupée russe » c’est la plus grosse voiture qui passe puis la un peu moins grosse puis la normale et enfin moi…

Afin de ne pas s’endormir au volant les Tchadiens ont tout prévu. Ils balancent leurs enfants sur les routes pour qu’ils traversent en courrant et sans regarder. Et aussi les adultes qui traversent en regardant plus ou moins mais surtout qui marchent tout… doucement… Je ne sais pas ce que je préfère.

Je ne serais pas complète si j’omettais d’évoquer les motos. Comme une nuée de mouches qui fait bizzzzz, qui te colle et dont tu ne comprends pas bien la logique. Elles sont partout, n’importe comment et ouvrent la bouche grande quand elle font un accident même si elles sont en tort.

Ensuite il y a l’ouïe, le doux chant des klaxons crépitant. Klaxon pour saluer, klaxon pour doubler, klaxon pour prendre des passagers, klaxon pour te marier, klaxon pour te faire accélérer, klaxon parce que tu es blanche, klaxon parce que l’équipe nationale de foot a gagné (ah non ça n’arrive jamais)…

Enfin, le toucher. On prend pleinement conscience de son corps quand il est secoué à tout va sur les routes non goudronnées. On sent bien la ceinture de sécurité, le plafond… et quand ces mêmes routes sont gorgées d’eau après une bonne pluie, on sent aussi la boue sur son bras doucement atterrir.

J’ai qu’une seule grande déception à ce stade, mes amis les policiers ne m’ont arrêtée qu’une fois et en plus ils ont été très corrects. Mais où va le Tchad ?

 

Mais soyez rassurés, pour l’instant je n’ai connu aucun accident…